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Blackbird |
texte français Zabou Breitman et Léa Drucker |
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David Harrower
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mise en scène Claudia Stavisky avec Léa Drucker et Maurice Bénichou |
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Il y a là un homme et une femme. Ils se connaissent, ne se sont pas vus depuis des années. De longues années, que lui, a passées en prison. Quelque chose les lie. Un souvenir, une blessure. Elle est plus jeune que lui, elle lui fait peur. Pourquoi est-elle là ? Pour poser des questions. À lui, à elle-même. Dans Blackbird, l’auteur, David Harrower, raconte une histoire ambiguë, et puis terrifiante. Il ne se contente pas d’installer une intrigue complexe entre les deux personnages. Il creuse, fouille, fouine dans les mots et les mémoires, en déterre des élans, des comportements, des émotions imprévisibles. On pourrait dire : voilà un homme qui a aimé une fille trop jeune, ou bien voilà une adolescente qui s’est laissée embarquer par ses rêves. Mais au-delà de l’aspect “fait-divers”, il y a les insondables secrets de l’humain. Une sorte de suspense qui se construit au long de la pièce, jusqu’au coup de théâtre final, douloureusement cruel, inattendu. Il y a là un côté presque “polar” qui a retenu Claudia Stavisky, à la lecture de ce texte dont elle est sortie bouleversée. Elle l’a lu par hasard, parce que les Éditions de l’Arche lui avaient envoyé le manuscrit non encore publié. Avant même d’arriver à la fin, elle savait qu’elle voulait le faire vivre sur scène. Elle s’est renseignée, a appris que Blackbird avait été créé au festival d’Edimbourg dans la mise en scène de Peter Stein, puis repris à Londres où l’avait vu Léa Drucker. Qui, sous la direction de Claudia Stavisky, joue donc Blackbird aux côtés de Maurice Benichou. Voilà des acteurs qui ne craignent pas le danger. Car, avant toute chose, ce dont traite David |
Harrower c’est l’angoissante relation entre les générations. Il y a les parents, les adultes, censés se montrer conscients et maîtres d’eux-mêmes, mais déséquilibrés par les réactions de l’adolescence. Âge dont ils portent toujours les meurtrissures, qu’ils continuent d’aimer en eux, et voudraient parfois retrouver, de n’importe quelle manière… Pour Claudia Stavisky, dans cette pièce, il est d’abord question d’amour : « Ce qui, évidemment, ne justifie d’aucune manière n’importe quel agissement. La législation qui punit les adultes, ayant, quelles que soient les circonstances, abusé de la confiance des enfants, demeure absolument indispensable. Mais le problème n’est pas là. Il tient à cette forme de société sécuritaire que nous sommes en train de construire, dans laquelle les lois devraient et pourraient régler tous les problèmes, y compris les plus personnels. Ce n’est pas vrai. C’est un leurre. L’essentiel échappe à la juridiction : la force irrationnelle de l’amour comme, à l’inverse, “la part obscure de nous-mêmes”… Travailler sur ces thèmes est délicat. Mais la pièce de David Harrower, concentrée sur la naissance du langage comme d’ailleurs l’ensemble de son théâtre, est tellement bien écrite, construite, qu’elle nous offre les leviers nécessaires pour ne pas dériver vers le fait-divers crapuleux, ni vers la démagogie. L’essentiel est de ne pas en perdre le fil : la confiance en la parole donnée. » Colette Godard |
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DAVID HARROWER Il est né en 1966 à Edimbourg où il vit aujourd’hui, où en 1995 est donnée sa première pièce (montée en France par Claude Régy en 2000) Des couteaux dans les poules au Traverse Theatre y suivent Tuez les vieux torturez les jeunes (1998), Terre noire (2003). Au Royal Court à Londres est créé Présence (2001). En 1999, pour le National Theatre, il adapte un roman de John Wyndham, Chrysalides et, en 2002, Ivanov de Tchekhov. Pour le Young Vic en 2001, Six Personnages en quête d’auteur de Pirandello, pour le Festival d’Edimbourg en 2002, La Fille sur le sofa de Jon Fosse, Woyzeck de Büchner (2002), Marie Stuart de Schiller (2006). |
CLAUDIA STAVISKY Élève de Vitez au Conservatoire, elle signe sa première mise en scène en 1988 : Sarah ou Le Cri de la langouste de John Murrel. Suit en 1990, Avant la retraite de Thomas Bernhard, au Théâtre national de la Colline, où elle revient en 1994 avec Nora d’Elfriede Jelinek, en 1995 Mardi d’Edward Bond. En 2000, elle travaille à Lyon où elle met en scène deux opéras. Nommée à la tête du Théâtre des Célestins, elle y monte notamment Minetti de Thomas Bernhard avec Michel Bouquet, présenté au Théâtre de la Ville en 2002, Caim d’Enzo Corman, Monsieur chasse de Feydeau, La Femme d’avant de Schimmelpfennig. |
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