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« Mes racines ? Quelles racines ? Je ne suis pas une salade ; j’ai des pieds et ils ne sont pas faits pour s’enfoncer dans le sol. » Le Retour au désert démarre à peine que déjà, Mathilde, de retour d’Algérie pour réclamer à son frère Adrien sa part d’héritage, en livre la substance. Tout est dit de ce qui se joue sur le plateau : les origines et le déracinement, les rêves d’envol et l’enfance familiale, la tragédie et l’humour. Dans ce boulevard revisité et prophétique, les murs édifiés pour protéger les nantis en rappellent de plus actuels et le spectacle bilingue signé par Marnas, mélangeant brésilien et français, n’occulte rien du caractère métaphorique et universel du texte. Joëlle Gayot |
BERNARD-MARIE KOLTÈS Né à Metz en 1948, entre à l’École du CDN de Strasbourg, est remarqué par Hubert Gignoux, fonde une compagnie, le Théâtre du Quai, pour laquelle il écrit et met en scène plusieurs pièces. Et pour la radio, dans l’émission de Lucien Attoun, L’Héritage (1972), Des voix sourdes (1973). Il écrit également des romans, et La Nuit juste avant les forêts, révélée par Jean-Luc Boutté (1981), Salinger par Bruno Boëglin à Lyon (1979), Combat de nègre et de chiens créé en France à Nanterre par Patrice Chéreau (1983) qui montera Quai Ouest (1985), Dans la solitude des champs de coton dans plusieurs versions (1986 et 1995), Le Retour au désert (1988). C’est Peter Stein à Berlin qui en 1990, crée Roberto Zucco. Du Guatemala au Mexique, du Sénégal à New York, Koltès voyage sans cesse et meurt du sida en 1989. BERNARD-MARIE KOLTÈS et le THEATRE DE LA VILLE Le Théâtre de la Ville a monté toutes les pièces de Bernard-Marie Koltès dans les mises en scène de Bruno Boëglin, Michel Froelhy, Jean-Christophe Saïs, Jacques Nichet, Catherine Marnas, Michel Didym, Kristian Frédric. |
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Return to the Desert “My roots? What roots? I’m not a shrub. I do have feet but they’re not meant to remain stuck in the ground.” As Return to the Desert opens, Mathilde, back from Algeria to claim from her brother Adrien her share of their inheritance, discloses the gist of the play. All that matters in the drama is already put into words, the question of origins and of uprooting, the yearning for freedom and a childhood within the family haven, tragedy and humour. In this prophetic subverted vaudeville, the high walls built as a protection for the wealthy evoke more contemporary barriers. Catherine Marnas’s bilingual production, which combines French and Brazilian Portuguese, never obscures the text’s metaphorical and universal dimension. Joëlle Gayot |
CATHERINE MARNAS Élève au conservatoire de Lyon, assistante d’Antoine Vitez, elle réalise son premier spectacle (Rashomon) en 1986, devient collaboratrice de Georges Lavaudant jusqu’en 1994, fonde sa compagnie « Parnas ». Artiste associée à la Scène nationale de Gap, elle y crée notamment Vania d’après Tchekhov, (1991) Les Diablogues de Dubillard, (1992), L’Héritage de Koltès (1997), La Tempête (1998), Mary’s à minuit de Valletti (1999), Sainte Jeanne des abattoirs de Brecht (2006). Professeur au conservatoire de Paris de 1998 à 2001, professeur honoraire de l’Académie centrale de Pékin, elle dirige également des ateliers au Mexique où elle monte Roberto Zucco de Koltès (1995), Eva Perón de Copi (2002), et au Brésil. |
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